Qu'est-ce que le coton biologique et pourquoi le préférer au coton traditionnel ?

Léger, respirant, doux, résistant et facile à travailler, le coton est utilisé depuis des siècles pour fabriquer des vêtements au point d’être aujourd'hui devenu la fibre naturelle végétale la plus produite au monde. 

Mais, s'il est probable que vous en portiez tous les jours, connaissez-vous la différence entre les différents cotons ?

Il existe aujourd’hui deux types de cotonle coton conventionnel et le coton biologique. Ces deux coton reposent sur des techniques d'agricultures a l'impact très différent sur l'environnement, et (spoiler) il est préférable d'opter pour le coton biologique.   

 

1. La culture du coton conventionnel : allô docteur, on a un problème.  

Le coton est une matière naturelle végétale, qui contrairement à de nombreuses autres matières premières utilisées dans la mode, ne dérive pas de combustibles fossiles. Toutefois, la culture "conventionnelle" du coton présente de nombreuses limites. 

 

L'utilisation intensive de produits chimiques dans la production de coton.

Le coton est une plante très fragile. Sa production est particulièrement longue, complexe et demande beaucoup d'attention, ce qui pousse les différents acteurs à utiliser des nombreux produits chimiques, pesticides, engrais et herbicides tout au long du processus de fabrication afin d'accélérer la croissance des cultures ou tuer les mauvaises herbes qui se développent dans les champs.

On estime que la culture du coton représente presque un quart des insecticides et plus d’un dixième des pesticides fabriqués dans le monde alors qu'elle représente moins de 3 % des terres cultivées.

 

L'appauvrissement des sols.

Le pire, c'est que la production conventionnelle du coton est réalisée en monoculture ce qui rend l'utilisation de ces pesticides d'autant plus nécessaire.

En effet, la pratique de la monoculture signifie que la même matière est plantée sur les mêmes parcelles de terrain, tous les ans et sans interruption, ce qui appauvrit les sols, détruit la biodiversité et de favoriser la multiplication des mauvaises herbes qui seront détruites... à l’aide de pesticides (un vrai cercle vicieux). 

 

La mise en danger des fermiers et ouvriers agricoles.

En plus d'impacter la qualité de l'air, de l'eau, du sol, et la biodiversité, tous ces produits chimiques sont également un danger pour la santé des fermiers et celle de leurs familles. Ainsi, d’après un rapport de l'OMS, entre 1 et 3% des travailleurs agricoles dans le monde souffriraient d'un empoisonnement aux pesticides. 

 

La surconsommation d'eau, et la pollution des nappes phréatiques.

La culture du coton est très gourmande en eau, au point que trois-quart de la culture de coton au monde se fait sur des terres irriguées sur lesquelles on apporte artificiellement de l'eau.

Pour vous faire une idée, il faut 10.000 litres d'eau pour produire 1 kilo de coton, soit 2.500 litres pour fabriquer un t-shirt en coton soit l’équivalent de 10 baignoires d'eau.

La culture intensive de coton entraîne ainsi des sécheresses allant parfois jusqu'à la disparition de grands plans d'eau. Par exemple, la Mer d'Aral en Ouzbékistan, un très grand exportateur de coton, qui était le quatrième lac le plus important de la planète en 1960 et représentait deux fois la superficie de la Belgique en 1960. En 2014, ce plan d’eau avait presque entièrement disparu après 40 ans de culture intensive du coton dans la région, initié par un plan de développement agricole soviétique du milieu des années 70.

 

 

Vous l'aurez compris : le fait que le coton soit une matière naturelle ne veut pas pour autant dire que sa culture conventionnelle soit souhaitable, ni pour les humains, ni pour l'environnement.

Mais qu'en est-il du coton biologique ? 

 

2. La culture du coton biologique : un choix logique, mais parfois ça se complique.  

Coton bio, biologique, certifié ou non, il n'est pas toujours aisé de s'y retrouver entre toutes ces définitions et labels.

 

Qu'est-ce que le coton biologique ?

Le coton biologique est cultivé selon des méthodes qui ont un plus faible impact sur l'environnement. C’est-à-dire que les substances chimiques dangereuses comme les pesticides, OGM, insecticides, engrais chimiques ou métaux lourds sont interdites et remplacées par des matières naturelles, principalement par du compost. 

L'absence de produits chimiques dans le coton bio permet ainsi de maintenir la fertilité des sols tout en limitant les risques de réactions allergiques au contact de la peau et en participant à la protection des fermiers, de leurs familles et de leurs habitats. Enfin, cette culture est également moins gourmande en eau et ne pollue pas les nappes phréatiques. 

La culture du coton biologique est encore plutôt concentrée. En 2019, seuls 19 pays produisaient cette matière première dont la Turquie, l’Inde, le Kirghizistan, les Etats Unis ou encore la Chine. 

 

Comment identifier le coton biologique ?

Il n'existe pas (encore) de définition juridique stricte qui régule l'appellation de coton biologique. Ce sont donc les organismes indépendants et les labels et certifications internationales qui font office de contrôleurs du coton. 

 

On distingue plusieurs labels, dont notamment : 

GOTS cotton logo
  • La certification Global Organic Textile Standard (GOTS). Ce label est le plus complet, car il intègre des critères sociaux à son cahier des charges. Il couvre l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement et certifie les textiles fabriqués à partir d'au moins 95% de coton bio certifiées.

    OCS 100 logo
    • Le label Organic Content Standard 100 (OCS 100). Cette norme est utilisée pour certifier toutes sortes de produits biologiques non-alimentaires. Elle est contrôlée par un organisme indépendant, et assure la présence et la traçabilité d’au moins d'au moins 95% de coton biologiques de la production de la matière première au produit fini en suivant le flux de matières !

      Mais attention les certifications ne font pas tout ! Il est essentiel de bien se renseigner pour comprendre ce qui est couvert par chaque sigle.

      En effet, on voit souvent les clients assimiler les produits OEKO-TEX 100, FairTrade, ou encore BCI à du coton biologique. Pire, certaines marques jouent la carte de l'ignorance ou de la naïveté pour profiter de cette confusion légitime. En réalité, ces labels couvrent d'autres éléments. Par exemple, le label OEKO-TEX 100 garantit que le produit fini ne contient aucune substance toxique.

       

      Pas de label, un problème ? 

      Pas de certification = attention. Toutefois, il est important de garder à l'esprit que les sigles et certifications sont le résultat d'un processus long et onéreux que certains fournisseurs, petites marques et créateurs n'ont pas les moyens de payer. 

      Par exemple, le coton que nous utilisons chez Beebody pour fabriquer nos incroyables beebodies est certifié OCS 100, et notre usine avait commencé à remplir les dossiers pour ajouter la certification GOTS à son catalogue (mais ils ont eu un petit contre-temps depuis mars dernier...).

      De manière générale, en cas de doute, le mieux c'est toujours de poser des questions !

       

      Sources :

      • Organisation Mondiale de la Santé
        • Textile Exchange (2019) 
        • National Geographic
        • 📸 Trisha Downing (coton), Marianne Krohn (couverture), NASA Earth Observatory (Mer d'Aral)

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